jeudi 13 avril 2017

"Dribble" au MAIF Social Club

"Dribble" 2017 © PASCAL BAUER. Photo: Sophie Schweitzer

Il y a quelques temps, j'avais émis l’hypothèse d'une version footballistique du « grand marcheur ».
L'utilisation de la séduction ludique du sport « premier », m'aurait permis de développer une image moins intemporelle, plus précisément agressive avec notre époque et ses contradictions et où une forme de « sucre » aurait adouci l'amertume que je cultive.
C'est chose faite grâce à Julien Taïb, qui me parlant de son projet d’exposition sur le sport qu'il organisait pour le MAIF Social Club, eut une oreille attentive à la description que je lui en fit.

« Dribble » sera donc présenté du 21/04 au 13/07/2017 au MAIF Social Club

jeudi 3 décembre 2015

"Notre bon plaisir" au 104, Biennale Némo.

"Notre bon plaisir" au 104, dans l'exposition Prosopopée, dans le cadre de la Biennale Némo.
du 05 décembre au 31 janvier 2016
L'installation en cours de développement sera présentée en Work in progress

Journée ​d​'inauguration le Samedi 5 décembre de 14h à 23h

Voici un article de Laurent Catalla pour Digitalarti news ( version française et english version)

"Notre bon plaisir": 3013/2015.
Réalisation, Concepts techniques, Composition sonore : Pascal Bauer. Chorégraphie : Miguel Moreira. Danseur : Sebastian Langueneur.
Production : Digitalarti. Coproducteurs : Digitalarti, Pascal Bauer, Universcience, Arcadi, Synesthésie.
Avec le soutien du CentQuatre-Paris. Avec l'aide d'Arcadi Ile de France / Dispositif d'accompagnements
Production déléguée : Malo Girod de l'Ain. Direction Technique : Bertrand Scache. Programmation Robotique : Wilson Antoine, Assisté de Freddy You et de Gloire Admira. Programmation systèmes :Olivier Gilquin.
Coordination : Martin Giraud. Assistant vidéo : Sebastien Andréa.Communication : Jean-Baptiste Luneau.
Remerciements : CentQuatre-Paris. Polytech Paris UPMC. Créatec. Patrick Cazade. Rero. Reynald Garcia




PASCAL BAUER : LA CONTRAINTE DU CORPS

Qu’il présente le corps – et notamment le sien – en marcheur inflexible, en christ vacillant ou en figurine-objet grimaçante, Pascal Bauer poursuit toujours avec la même esthétique forte sa mise en portrait de l’aliénation de l’individu par une collectivité de plus en plus technologique. Une contrainte du corps dans l’image qui se poursuit dans des directions encore plus robotiques et vidéo tactiles avec ses nouveaux projets développés avec Digitalarti, Notre Bon Plaisir et Senseimage.

Plasticien autant qu’artiste audiovisuel, Pascal Bauer a développé une recherche esthétique plaçant la force mais aussi la fragilité de l’individu sous le prisme inquiétant du regard collectif. Corps figés dans l’objet, comme ses figurines grimaçantes de Ne jamais laisser vos enfants seuls ; Corps enfermés dans l’écran, qu’ils soient humains comme ce corps christique soumis à une tension expiatoire (L’Elu) ou ce corps nu défilant virtuellement sur son rail (La Foule), ou animaliers, comme ce taureau monté sur son bras robotique giratoire et « chargeant » le public l’entourant (Le Cercle) ; le travail de Pascal Bauer transcende par l’image ce cheminement contraint de l’individu vers le collectif omnipotent. Un cheminement souvent chaotique, toujours perturbant, où l’artiste semble parfois payer de sa personne en mettant directement sa propre image en jeu, mais qui confère à ces pièces une force fascinante, où le choix du médium est moins déterminant que la quête de sens. « Mon travail est d'abord signifiant », explique Pascal Bauer. « Je choisis ensuite la technique qui défendra le mieux la formalité qui en est induite. J'ai donc d'autres travaux qui utilisent d'autres médiums comme la photo ou le texte. »

Il est intrigant de constater combien l’usage de toutes ces techniques traduit de manière singulière dans les pièces de Pascal Bauer une forme d’hybridation, de simultanéité entre l’expressivité « primitive » de la forme plastique et le nouveau cadre technologique qui la transforme. Cette approche peut être très symbolique, comme dans la pièce Deep Captive qui présente un objet mi-missile, mi-massue. Ou encore dans Master of the Wolves qui dévoile un tchat gravé dans le marbre de Carrare. Mais elle n’induit pas une dévotion de la part d’un artiste citant Kafka et Zappa comme référence, qui se dit fasciné par « la folie maîtrisée de Goya et de Delacroix », à la nouvelle fée numérique. « Le numérique n'a aucune particularité pour moi, c'est une matière comme une autre », affirme Pascal Bauer. « Ou bien si, elle a une grande particularité. C'est la seul matière où je ne peux pas tout faire tout seul, car je ne possède pas le vocabulaire de codage. De toute façon, la simultanéité des techniques me va bien. Comme beaucoup d'artistes, j'adore les antagonismes. Par exemple pour Master of the Wolves, c'est la noirceur naturelle de ce tchat qui ma poussé à le traduire en objet, avec son protocole d'expression, sa nature immatérielle et instantanée, à lui donner une formalité qui vise l'éternité matérielle. »

L’homme, un monstre social ?

Dans le travail de Pascal Bauer, l’élément fondamental reste néanmoins sa façon de mettre l’humain au cœur de ses dispositifs. Et si cette expression peut être conceptuelle – comme dans Ready Made et sa liste de onze mille termes compilés à partir des fichiers des différents organismes de protection de la propriété industrielle européens –, ce sont néanmoins ces pièces les plus frontales comme L’Elu ou La Foule, à travers lesquelles l’image de l’homme (de Pascal Bauer en l’occurrence) est malmenée dans sa chair ou cliniquement observée dans sa démarche la plus robotisée, qui stigmatise le mieux ce lien de subordination établi entre l’homme et son référent social collectif. « Tout mon travail tourne autour du thème de l'aliénation », confirme Pascal Bauer. « Je ne le fais pas exprès. Cela n'a rien de volontaire. Le corps social, le clan, la communauté, la bande, la meute, le banc, le vol, le troupeau : tous ces ‘objets’ ont quelque chose d'effrayant non? Ils sont indispensables à l'individu, mais le contraignent fermement. » D’une certaine manière, c’est à une autre vision de nous-mêmes que mène ce regard dirigé par Pascal Bauer. « Sous un autre regard, nous sommes des monstres. Des monstres plein de bonne volonté, mais des monstres, car nous sommes construits de valeurs négatives, que la plupart d'entre nous essaye de juguler intellectuellement en correspondance aux lois du groupe, d’où la bonne volonté. C’est un discours rabâché, mais j'ai besoin d'exprimer ce nœud d'angoisse. »

Cette expression répond souvent à un mode opératoire fortement déstabilisant mais surtout hypnotisant, notamment dans la pièce L’Elu Couché où le personnage christique incarné par Pascal Bauer, fixé au sol sur un écran-crucifix jeté à terre, renvoie l’image torturée et saturée d’un homme en proie à une lutte expiatoire compulsive, portée par le volume et le brouhaha sonore passionnel de l’installation. « L'aliénation, la dépossession, mène à une forme d'état second par la difficulté à se situer qu'elle implique », note Pascal Bauer. « Mais, la problématique de l'élu est différente. L'élu que je sculpte - car c'est une sculpture - fait certes référence au Christ, mais il fait d’abord référence à la crucifixion dont le personnage est sauvé par son infirmité. Dans le même temps, celui-ci tient à conserver son statut d'élu, qu'il ne peut conserver à cause de son infirmité que grâce à une reprise d'équilibre constante. Il y a donc là une image du statut intemporel de l’élu du corps social. D'autre part, le concept d'élu est un outil d’hypnose à grande échelle. C'est pour cette raison qu'il est omniprésent dans notre culture. Vous n'aimez pas votre vie ? Nous vous offrons le blockbuster et son héros du dimanche soir où, par projection, vous vous vengez de toutes les contrariétés de votre semaine. C’est valable pour tout le monde. Moi aussi, j'ai besoin d’évacuer. C’est en partie pour cela que je me mets en scène moi-même. Je fais partie du problème, je ne suis pas au-dessus. L'élu est donc un fondamental de nos sociétés et de leurs pouvoirs hypnotiques. »

Du Cercle à l’écran
Dans Le Cercle, la figure humaine cède sa place à la silhouette d’un animal, un taureau, qui en dépit de ses efforts de course reste à la fois prisonnier de l’écran et de sa rotation concentrique sur son axe. « La référence à l'animal est très présente dans mon travail, souvent par mimétisme d’attitude. C'est d’ailleurs une projection, que je partage avec Kafka qui ne l'a pas utilisé que pour La Métamorphose », précise Pascal Bauer. « Le taureau est une créature incontournable dans les mythologies comme symbole de puissance. Il est souvent utilisé pour l'image de la puissance maîtrisée ou asservie. Je ne fais donc que perpétuer une tradition. »

Le Cercle est une pièce essentielle du travail de Pascal Bauer, qui nécessite des améliorations constantes et que l’artiste présente d’ailleurs sous ses nouveaux atours jusqu’en septembre à l'Abbaye de Saint-Riquier dans le cadre de l'exposition Anima/Animal. « Le Cercle est une pièce assez imposante, qui relève beaucoup de défis », reconnaît Pascal Bauer. « Elle a été réalisée avec les moyens que m’a accordé Arcadi, qui sont loin d'être insignifiants mais très insuffisants pour l'envergure de l'installation. L'année dernière, le CDA d'Enghien m'a offert un budget supplémentaire pour l'équiper avec un écran à LEDs, ce qui lui permet d'être visible en lumière du jour. Mais, cet écran a rajouté une charge de 150 Kilos à la machine qu'il a fallut reconfigurer complètement en un temps record. Cette faiblesse des moyens fait que la machine n'est pas encore configurée comme je le voudrais. Je l'améliore donc à chaque présentation de telle sorte qu'elle gagne en fiabilité. Il manque cependant encore une dimension d'interactivité qui n'est pas essentielle mais qui m'amuserait assez. J’ai aussi le projet d'en faire une version se cognant sur les murs, dans un angle d'une grande salle, de façon à accentuer mon désir que l'on soit contraint à être très proche de la machine, de sa sonorisation et de ses mouvements. Ce serait encore plus impressionnant. »

Qu’il s’agisse du Cercle ou de L’Elu, ou encore de La Foule, l’écran reste en tout cas chez Pascal Bauer l’interface idoine, la lucarne par laquelle l’individu souscrit à la vision qu’a de lui le groupe. Faut-il donc voir dans son usage une forme de détournement de ce meilleur symbole actuel de notre société de consommation et de technologie ? « Oui, il y a de cela », acquiesce Pascal Bauer. « Mais, c’est surtout un support de vie par procuration, qui est une autre forme d'aliénation. Il y a aussi le fait que je sois assez réfractaire aux poncifs, ceux dont je suis conscient du moins. Donc redonner de la matérialité à l'immatériel m'amuse assez lorsque nous n’arrêtons pas de parler de dématérialisation. Je suis d'ailleurs persuadé que nous avons actuellement déjà passé cette étape. La multiplication actuelle des Fab Lab est bien la preuve d'un désir de faire du matériel avec le numérique. »

Des robots indigents pour Notre Bon Plaisir

Preuve de cet intérêt certain pour les nouvelles procédures de matérialisation numérique, Pascal Bauer a récemment entamé une collaboration avec le Artlab de Digitalarti autour de la réalisation de deux nouveaux projets où l’écran fait encore figure de médium privilégié. Dans Notre Bon Plaisir – nouvelle référence mi-amusée, mi-provocatrice à l’hypnotique religieux -, cette récurrence se double même d’une association encore plus poussée du public qui se retrouve pris à partie par une « meute de robots indigents » : des objets rampants portant chacun un écran horizontal sur lequel s’active une figure humaine aux mouvements énergiques et qui s’affairent, en groupe, à importuner un visiteur choisi en le suivant avec insistance tandis que leurs déplacements sont synchronisés aux gestes chorégraphiques des autres personnages sur les écrans, qui adressent aux visiteurs de petites danses votives et des prières insistantes.

« Notre Bon Plaisir est une pièce très exigeante en termes de ressources », souligne Pascal Bauer. « Le désir de base est d'avoir une meute d'individus portés par des écrans, qui viennent ‘importuner’ les visiteurs en projetant sur eux une hypothétique personnalité spirituelle, des êtres pauvres au niveau moral et intellectuel. »

Ces êtres, qui peuvent être aussi des robots médiateurs dans d’autres déclinaisons du projet, agissent donc comme une tribu de sept robots capables de cartographier un lieu et d'identifier des visiteurs, de réagir à leur présence et de les accompagner dans leur visite, et dont l’écran tactile sonorisé diffuse différents types de médias selon son emplacement et les demandes des visiteurs. « Notre Bon Plaisir fait appel au développement d'une robotique spécifique, qui fonctionnera sur des concepts de programmation qui ont peut être des équivalents, mais que je ne connais pas », revendique Pascal Bauer. « Je veux dire par là que j'imagine une méthode atypique de gestion de la robotique. Pour trouver les financements, j'ai proposé à Univers Sciences une déclinaison fonctionnelle sous la forme d'une tribu de robots médiateurs. Digitalarti s'est piqué au jeu et nous développons actuellement l'ensemble du programme matériel et software. C'est un projet plus qu’ambitieux et sans doute périlleux, mais je crois que j'affectionne assez les notions de dépassement. L'équipe de Digitalarti s'est développée depuis quelques temps avec des compétences accrues et je crois que l'on peut arriver à des expérimentations passionnantes. »
C’est au 104 que Pascal Bauer procède actuellement, dans le cadre d’une résidence, aux dernières finalisations du projet. « Le personnage qui apparaît sur les écrans est un danseur. Je peaufine donc cette partie avec un chorégraphe, Miguel Moreira, dont j'aime beaucoup le travail », précise Pascal Bauer. « Nous partageons la même vision expressionniste. Nous dessinons avec le danseur, la chorégraphie qui va être filmée, puis qui va faire l'objet d'un montage très spécifique pour être diffusée sur les écrans robots, toujours de façon synchronisé à leurs déplacements. »

Senseimage : anamorphose et lobotomisation

Parallèlement à ce Bon Plaisir, et à d’autres projets plus personnels, comme ces curieux manèges unitaires pour enfants, semblables à ceux que l’on trouve dans les centres commerciaux mais que Pascal Bauer annonce comme « très ambigus (…) avec quelque chose de militaire, plein de lumières et de sonorités festive, et formellement à la frontière de la machine de torture ( !) » et sur lesquels il travaille depuis deux ans, un autre projet se dessine avec Digitalarti : le projet de vidéo tactile Senseimage.

« Là aussi, c'est un projet à long terme, qui nécessite pour le financer le développement d’un projet à finalité commerciale », résume Pascal Bauer. « Ce qui est très amusant, c'est que le projet artistique est une critique de ce qui va exister, mais qui n'existe pas encore. Je dois donc d'abord le faire exister, pour avoir le matériel pour en faire la critique. Comme quoi je fais bien partie du problème... »

Une fois encore, la notion de contrainte du corps et d’aliénation de l’individu résonne comme un véritable leitmotiv. « Le but artistique est de contraindre le corps dans l'image », glisse ainsi Pascal Bauer. « Cela induit donc plusieurs pistes de développement et j'ai plusieurs projets en tête avec ce matériel. L'un d'eux est de faire une caverne entièrement tapissée de matière vidéo / sensible. C'est à dire qui connaît ta position et qui peut échanger avec toi de telle sorte que, où que tu sois, l'image apparaisse comme le résultat d'une anamorphose par rapport à ton champ de vision. L'image et le son seraient donc tout sauf paisibles et l’installation pourrait constituer un assez bon outil de lobotomisation. Peut-être juste une petite exagération de ce qui se prépare à l’échelle réelle. Quoique, en ce moment, on en est plus à voir la vie en très petit sur nos smartphones. » Une nouvelle piste de réflexion créative virulente en tout cas, cela va sans dire…

Laurent Catala

http://pascal.bauer.free.fr/
pascal-bauer.blogspot.com






PASCAL BAUER: CONSTRAINT OF THE BODY

Whether he presents the body –especially his – as an unswerving walker, a faltering Christ or a contorted figurine, Pascal Bauer continues his portraiture with the same strong aesthetic identity, depicting the alienation of individuals by an increasingly technological community. The body is constrained in the shot using even more robotic methods and tactile videos in his new projects Notre Bon Plaisir (Our Pleasure) and Senseimage developed with Digitalarti.

A visual as well as audiovisual artist, Pascal Bauer has investigated aesthetics looking at the strength but also the fragility of the individual through the alarming prism of the collective vantage point. Bodies fixed in the object, like his contorted figurines in Ne Laissez Jamais Vos Enfants Seuls (Never Leave Your Children Alone); Bodies enclosed in the screen, whether human, like this Christ-like body subject to expiatory tension (L’Elu – The Chosen One), or this naked body parading virtually on its track (La Foule-The Crowd), or animals, like this bull mounted on a gyratory robotic arm and ‘charging’ the audience surrounding it (Le Cercle – The Circle). Through image Pascal Bauer’s work transcends this forced progression of the individual towards the omnipotent group. An often chaotic and always disturbing progression, where the artist sometimes seems to put his body on the line by directly sacrificing his own image, but who bestows these pieces with fascinating strength, where the choice of the medium is less decisive than the search for meaning. ‘My work is in the first instance significant,’ explains Pascal Bauer. ‘I then choose the technique that will best champion the resulting form. I use other mediums like photography or text in other works.’

It is intriguing to observe how much the use of all these techniques in Pascal Bauer’s pieces uniquely translates a form of hybridisation, of simultaneity between the ‘primitive expressiveness of the physical form and the new technological framework that transforms it. This approach may be very symbolic, as in the piece Deep Captive that presents a semi-missile, club-like object. Or in Master of the Wolves revealing a chat engraved in Carrara marble. But it does not lead to devotion, on behalf of an artist quoting Kafka and Zappa as a reference, claiming to be fascinated by ‘the controlled madness of Goya and Delacroix,’ to the new digital fairy. ‘Digital is not particularly special to me; it’s a material like any other,’ confirms Pascal Bauer. ‘Well, its distinctive characteristic is that it is the only material that I cannot work on independently, as I do not have any coding skills. In any case, simultaneous techniques suit me. Like many artists, I love antagonism. For example for Master of the Wolves, the natural darkness of this chat pushed me to translate it into an object, with its protocol of expression, its intangible and instant nature, to give it a form seeking material eternity.’

Is man a social animal?

In Pascal Bauer’s work, the core element nonetheless remains his way of putting people at the heart of his devices. And if this expression can be conceptual –like in Ready Made and his list of eleven thousand terms compiled from the files of different European organisations for the Protection of Industrial Property– it is nevertheless these most frontal pieces like L’Elu (The Chosen One) or La Foule (The Crowd), through which the image of man (Pascal Bauer in this case) is ill-treated in the flesh or clinically observed in his most robotic approach, that best stigmatises this relationship of subordination established between man and his collective social benchmark. ‘All my work revolves around the theme of alienation,’ confirms Pascal Bauer. ‘I do not do it on purpose. It is not intentional. The social body, the clan, the community, the group, the pack, the shoal, the flight and the flock: all these ‘objects’ are scary aren’t they? They are indispensable to the individual, but resolutely force them.’ In one respect, this view controlled by Pascal Bauer leads to another vision of ourselves. ‘From a different angle, we are monsters. Monsters full of goodwill, but monsters, as we are constructed from negative values, that most of us try to contain intellectually according to group laws, hence the goodwill. This has been endlessly repeated, but I need to express this anguish.’

This expression often responds to a powerfully destabilising but above all hypnotising operating mode, particularly in the piece L’Elu Couché (The Chosen One Lying Down) where the Christ-like figure embodied by Pascal Bauer, attached to the ground on a crucifix with a screen thrown to the ground, offers the tortured and saturated image of a man threatened by a compulsive expiatory struggle, driven by the volume and passionate hubbub of the installation. ‘Alienation, dispossession, leads to a form of altered state making it difficult to place yourself,’ notes Pascal Bauer. ‘But, the problem of the chosen one is different. The chosen one that I sculpt– for it is a sculpture – indeed refers to Christ, but first of all it refers to the crucifixion. His disability saves him. He wants to retain his status as the chosen one that he can only keep because of his disability thanks to a constant balancing act. Therefore there is an image of the timeless status of the chosen one by the population. On the other hand, the concept of the chosen one is the opium of the masses. This is the reason for which it is omnipresent in our culture. Do you like your life? A Sunday evening blockbuster and its hero is up for grabs where, by projection, you rid yourself of your entire week’s difficulties. It applies to everyone. Me too, I need to de-stress. That is partly why I stage myself. I am part of the problem; I am not above it. The chosen one is therefore fundamental to our societies and their hypnotic powers.

From Le Cercle (The Circle) to screen
In Le Cercle (The Circle), the human figure makes way for an animal silhouette, a bull that in spite of its efforts to run remains both a prisoner of the screen and of its concentric rotation on its axis. ‘Animals are often referred to in my work, often by mimicking a posture. This is in fact a projection, that I share with Kafka who only used it for The Metamorphosis,’ outlines Pascal Bauer. ‘The bull is a key creature in mythologies as a symbol of power. It is often used for the image of controlled or subjugated power. Therefore I am only perpetuating a tradition.

Le Cercle (The Circle) is one of Pascal Bauer’s key pieces, requiring constant improvements. The artist presents new versions of it at the Abbaye de Saint-Riquier until September as part of the exhibition Anima/Animal. ‘ Le Cercle (The Circle) is quite an imposing piece, that overcomes many challenges,’ Pascal Bauer recognises. ‘It was produced with a grant from Arcadi, that was far from insignificant but very insufficient for the scope of the installation. Last year, the CDA d'Enghien offered me an additional budget to equip it with an LED screen, enabling it to be visible in daylight. But this screen has added 150 kilos to the machine that had to be fully reconfigured in record time. The shortfall means that the machine is not yet configured as I would like. Therefore I improve it for each presentation in such a way, that it becomes more reliable. However it still lacks an interactive dimension that is not essential but that I would nevertheless enjoy. I also plan to make a version of it banging against the walls, in the corner of a large room, to emphasise my desire that we are obliged to be very close to a machine, its sound system and its movements. That would be even more impressive.’

Whether Le Cercle (The Circle) or L’Elu (The Chosen One), or La Foule (The Crowd), for Pascal Bauer screens remain in any case the fitting interface, the window through which the individual subscribes to the vision that the group has of him. Should we therefore see in its use a form of misappropriation of this greater current symbol of our consumer and technology society? ‘Yes, there is that,’ agrees Pascal Bauer. ‘But above all it is life’s blueprint by proxy, which is another form of alienation. There is also the fact that I am quite resistant to clichés, those that I am aware of at least. So restoring tangibility to the intangible rather amuses me while we are still talking about dematerialisation. I am convinced that we have already passed this stage. The current multiplication of Fab Labs demonstrates a desire to make material with digital.

Needy robots for Notre Bon Plaisir (Our Pleasure)

As proof of this specific interest for new digital materialization processes, Pascal Bauer has recently started work with Digitalarti’s Artlab around two new projects where screens are still proving to be a preferred medium. In Notre Bon Plaisir (Our Pleasure)– a new half-amused, half-provocative reference to hypnotic religious people - this recurrence is coupled with a much more comprehensive integration of the audience also set upon by a ‘swarm of needy robots’: crawling objects, each bearing a horizontal screen on which a human figure bustles about energetically, busy themselves as a group, disturbing a chosen visitor by following them insistently while their movements are synchronised with the choreographic gestures of the other people on the screens, directing little votive dances and repeated prayers to the visitors.

Notre Bon Plaisir (Our Pleasure) is a very demanding piece in terms of resources,’ highlights Pascal Bauer. ‘The basic desire is to have a pack of individuals born by screens who come to ‘annoy’ the visitors by projecting a hypothetical spiritual personality on them, poor beings on a moral and intellectual level.

These beings, who can also be robot mediators in other forms of the project, act like a tribe of seven robots capable of mapping a place and identifying visitors, of reacting to their presence and accompanying them on their visit, and whose audio touch screen broadcasts different types of media according to its location and the demands of the visitors. ‘Notre Bon Plaisir (Our Pleasure) requires the development of specific robotics, based on programming concepts that are perhaps paralleled, that I am unaware of,’ claims Pascal Bauer. ‘What I am saying is that I envision an atypical method of robotics management. To find the funding, I proposed a functional implementation to Univers Sciences in the form of a tribe of robot mediators. Digitalarti got hooked and we are currently developing the overall material and software programme. The project is more than ambitious and without doubt risky, but I think that I quite like to go above and beyond. The Digitalarti team has for some time been expanding its skills and I think that exciting experiments are in sight.
Pascal Bauer is currently carrying out, as part of a residency, the final touches to the project at the 104. ‘The character who appears on the screens is a dancer. I am therefore fine-tuning this part with a choreographer, Miguel Moreira, whose work I really like,’ clarifies Pascal Bauer. ‘We share the same expressionist vision. With the dancer we are outlining the choreography that will be filmed and will then be the subject of a very specific montage to be broadcast on robot screens, and always synchronised with their movements.

Senseimage: anamorphosis and lobotomy

In parallel to this Bon Plaisir (Our Pleasure), and other more personal projects, like these curious individual roundabout for children, similar to those found in shopping centres but that Pascal Bauer declares to be ‘very ambiguous’ (…) with something military about them, filled with lights and festive sounds, and physically resembling torture machines ( !)’ and on which he has been working for two years, another project is taking shape with Digitalarti: the touchscreen video project Senseimage.

This is also a long-term project, requiring a commercially-driven project to be developed to fund it,’ summarises Pascal Bauer. ‘What is very funny, is that the artistic project is a criticism of what will exist, but that does not exist yet. I have to therefore make it exist first of all, to have the material to critically evaluate it. Which shows that I am very much part of the problem...’

The notion of bodily constraint and alienation of individuals is once again the recurring theme. ‘The artistic goal is to restrain the body in the image,’ explains Pascal Bauer. ‘This therefore encourages several avenues of development and I have several projects in mind for this material. One of them is to make a cave that is entirely covered with sensitive video material. That is, it knows your position and can exchange with you so that, wherever you are, the image appears like the result of an anamorphosis in relationship to your field of vision. The image and sound would be far from peaceful and the installation could prove quite a good tool for lobotomy. Perhaps just a slight exaggeration of what is coming full-scale. At the moment however, more of us are watching life scaled down on our smartphones.’ A new virulent creative avenue of investigation in any case, it goes without saying…

Laurent Catala

http://pascal.bauer.free.fr/
pascal-bauer.blogspot.com




mardi 28 avril 2015

Le104, St Riquier, Art Paris Art Fair.


En retard: "Le cercle" est présenté depuis le 18 avril jusqu'à fin septembre à L'Abbaye de St Riquier dans le cadre de l'exposition "Anima/Animal"
De session en session, l'ensemble de la structure évolue, se renforce, se peaufine. Dimensions de la bête oblige, elle évolue sur une prairie du parc de l'abbaye.
Je rêve d'une installation en intérieur ou la machine se cognerait sur les murs dans un va et vient frénétique. ( C'est un appel du pied).

Gilles Aillaud / Arman / Jacopo Baboni-Schlingi / Jean-Pierre Balpe / Isa Barbier / Pascal Bauer / France Cadet / Patrick Chambon / Philippe Comar / Henri Cueco / Dector & Dupuy /Jan Fabre / Noureddine Ferroukhi / Gloria Friedman / Lucy Glendinning / Karin Hellin / Benoit Huot / Michel Jaffrennou / Jean Le Gac / Daniel Nadaud / Françoise Pétrovitch / Pascal Pistacio / Muriel Poli / Ilias Poulos / Viviane Vagh / Vladimir Vélicovick / Eric Vernhes / Sharif Waked.






Très en retard: Art Paris Art Fair.
Olivier Casting présentait trois de mes pièces sur son stand "School Gallery" à Art Paris Art Fair, dont "Nomenclatura Néponensis", qui aurait pu être un hommage à Jean-pierre Raynaud, mais ce n'est pas le cas.
Et oui, Il existerait avec ou sans le ready made de Raynaud, car de fait, il existait déjà,  haut de 20 cm, véritable pot horticole, sur ma terrasse, vide dedans, recouvert de mousse à l’extérieur. Un ready made naturel en somme. Le rebond était tentant.

Si Raynaud parle de vacance et d'inutilité, avec un objet propre a son histoire personnelle, "Nomenclatura Néponensis" utilisant ce même vide, parle de spoliation, d'accaparation, et d'une force de vie qui migre vers un territoire inattendu pour produire une autre richesse.






En avance: 104, Résidence en Mai et Juin / "Notre bon plaisir"

Projet de Pascal Bauer. Chorégraphe, Miguel Moreira. Danseur, Romeu Runa.
Coproducteurs : Arcadi, Digitalarti, Synesthésie, Universscience.

"Notre Bon Plaisir" est une installation où le public est pris à parti par une meute de robots indigents. Ces objets rampants portent chacun un écran horizontal sur lequel s’active une figure humaine aux mouvements énergiques. Les appareils, en groupe, importunent un visiteur choisi en le suivant avec insistance. Leurs déplacements sont synchronisés aux gestes chorégraphiques des personnages sur les écrans, qui adressent aux visiteurs de petites danses votives et des prières insistantes. Quelques fauteuils installés sur des podiums permettent au public de s’extraire du champ de conscience des robots, et de contempler le spectacle général dans le sentiment illusoire de leur dignité supérieure.
La collaboration avec Miguel Moreira et Romeu Runa est le fruit d'un coup de coeur pour leur spectacle "The old king" présenté l'an dernier en création au festival d'Avignon puis au 104. Leur nouvelle performance "Pântano" a été présentée au 104 le week-end dernier.

Présentation au festival Nemo à l'automne 2015.
La résidence au 104 aura pour objet de travailler sur la chorégraphie et de faire les films qui seront utilisés dans l'installation. 

dimanche 7 septembre 2014

Quelques images du Frac BN et des Bains Numériques

Exposition "Monuments" au FRAC BN.

Trois pièces étaient présentées, concernant mon travail,


Ready-made
Ready-made est une liste de onze mille termes compilés
à partir des fichiers des différents organismes de
protection de la propriété industrielle européens. Cette
liste représente la globalité des objets d’usages plus ou
moins courants, dont le développement déclaré occupe
la globalité de l’intellect humain. Il y a là un vertige à ce
que cette matière grise humaine puisse être réduite à une
liste posée sur un bout de papier, et une fascination du
quantitatif de la matérialité produite.
Le fait d’avoir déstructuré l’ordre de ces appellations
précédemment triées en catégories et sous-catégories
cohérentes, pour les restructurer sur un simple ordre
alphabétique, permet de découvrir une lecture signifiante
et poétique, infinie, subjective.


Deep Captive
"Deep Captive, associe deux armes, un missile et une massue.
L’hybridation des matières, l’inox, l’aluminium, le bois, le silex, 
exprime remarquablement l’hybridation des époques dans 
cette ellipse temporelle qui réunit en un même objet le temps 
préhistorique et le temps contemporain, comme si l’homme  
des cavernes côtoyait les missiles à tête chercheuse ; toute  
l’histoire de l’instinct guerrier des hommes se condense en  
un seul objet. La force visuelle de l’oeuvre, comparable  
à celle du slogan, tient de l’économie et de la densité propre 
à l’ellipse rhétorique."
Raphaël Cuir


Master_of_th​e_wolves
Master_of_th​e_wolves est une pièce récente. Pensée en 2013,
elle a été réalisée cette année, pour l'exposition du FRAC.
C'est un tchat gravé dans le marbre de Carrare.
L'intégralité du texte en est reproduite à la fin
de cet article.


Un autre épisode de cette exposition se poursuit au musée des beaux arts 
de calais, avec (toujours me concernant) une quatrième pièce."Nous sommes là"


Master_of_th​e_wolves et Deep Captive


Ready-made et Master_of_th​e_wolves


Master_of_th​e_wolves




Présentation du "Cercle" aux Bain Numériques.


Pour être visible toute la journée l'installation est maintenant équipée d'un écran à Led.  Ce détail d'importance l’entraîne dans une formalité plus brutale qui lui va bien.
Pour ce faire la structure, la motorisation et l'ensemble électronique ont été modifiés.








Master_of_th​e_wolves: un tchat gravé dans le marbre

Texte complet


Master_of_th​e_wolves
                                                  Quand j'étais ado je croyais que tous les autres, après l'école, rentraient chez eux, regardaient la télé, faisaient leurs devoirs, jouaient à la console, et c'est tout. Mais à 20 ans environ, j'ai fait connaissance avec des ados normaux, et ce que j'allais découvrir allait bouleverser ma vision de l'adolescence normale...Les ados normaux...croyez le ou non...font des soirées où ils se réunissent entre eux !!!!!!!!    Ils mettent de la musique, ils picolent, fument des joints, et parfois même ils baisent entre eux !!   On m'aurait menti à l'insu de mon plein gré ?


lokobisch
                    et ouais c’est le coté obscure de la force... les ados c’est des pti voyoux lol. Franchement quand tu fumes des oinj a 14, que tu te bourre la gueule que tu tripote des filles tu deviens quoi plus tard?...Le butte dans la vie c est pas de se défoncer comme un malade. Quand tu te defonce trop aprés tu touche le fond tu fait quoi. Y a des choses plus interressantes a faire dans la vie que se déchiré la race et se mettre a l’envers avec ses potes...Moi quand j’ai compris ca mes potes etait deja casés, avait des enfants et une grande maison achétée a crédit, un chien, une belle voiture etc...En plus c est la recherche de la défonce qui m’a plongé dans le monde de la techno, de la rave party illégale de la drogue et de la schizophrénie...
On peut dire que je me suis défoncé la tete au sens littérale du terme lol


Master_of_th​e_wolves
                                                  Et passer ma jeunesse tout seul face à une console, ça m'a mené où? S'amuser en gardant un oeil sur demain, voilà le juste milieu.


timyjizz
                 La question est tu as quel age et joues tu toujours a la console? menes tu une vie de célibataire alors que les autres sont casés pour de bon ?


vreek
             je suis sorti il y a 15 jours.. invité à une soirée..purée, il était pas tard.. du genre 22h30.. il y avait plein de monde dans les rues.. ça m'a fait repensé à tout ce que je loupe depuis des années.. concerts, sorties, rigolades..


Master_of_th​e_wolves
                                                  31 ans, non, ça a fini par me souler, maintenant j'aimerais faire des choses...mais c'est trop tard...
Je suis célibataire, ouais...


tinyjizz
                Je vais en soirée mais j'ai un comportement bizarre, souvent au bout de deux trois heures je change d'avis et j'invente un prétexte pour pouvoir rentrer chez moi car je ne me sens pas bien. Hier j'ai pris sur moi. Je me souvenais plus ce que ça fait de payer des cocktails hors de prix et de devoir danser sur de la musique de merde (zouker zouker lol) si tenter qu'on veut serrer un peu...j'ai un pote ça fait trois soirées qu'on fait ensemble trois jours d'affilée les trois nuits il est rentré et a forniqué avec une fille différente, il est trop fort.


lokobisch
                     je compatis : moi je suis marié j’ai 2 enfants pourtant je profite pas non plus des sorties en boites etc car j’ai pas le temps avec les enfants...
finalement je vivais plus quand j’etais celibataire maintenant je vit des choses differentes c est pas comparables mais ca me manque de passer 10h d’affilé a glander sur doctissimo en ecoutant un bon mix...a la limite les sorties en boite je m en passerai car ca coute cher et je me sent mal quand y a trop de gens trop de bruit trop de lumier mais l’ordi j’arrive pas a m’en passer en plus j’ai aucun pote a part un gars celibataire sur internet qui fait de la musique comme moi et qui me propose des bonnes soirées neurofunk mais je peux pas laisser ma femme avec les deux ptis monstres...


lidie_and_​butterflie
                                                Moi aussi quand j'etais ado je buvais trop en soirée le week end et je me défoncais avec les joints comme une malade tout les soirs! N'empêche pour moi c'est des bons souvenirs.. Maintenant jsuis clean, je sors plus, mes meilleurs ami sont l'ordi et l'Ipod.


lokobisch
                         ben moi l’acide que j ai pris m’a envoyé direct aux urgences psy donc pas de bons souvenirs de cette epoque...Mais si ca peut te reconforter "mieu vaut etre seul que malaccompagné"...

mercredi 4 juin 2014

Bains Numériques et Radar

Nouvelles de mon front.
Non ce n'est pas un bête jeux de mot. mettre en place des installations d'une certaine ampleur est un combat.
"Le cercle" sera présenté aux "Bains Numériques" Biennale internationale des arts numériques - du 14 au 20 Juin.
Pour être visible toute la journée l'installation est maintenant équipée d'un écran à Led.
Ce détail d'importance, l’entraîne dans une formalité plus brutale, qui lui va bien.



Autre lieu autre combat
Celui de l'espace "Le Radar" à Bayeux, qui invite 70 artistes pour évoquer celui pour la liberté, avec pour point d'origine le discours d'un certain Général.
Habitué à ne pas caresser les choses dans le sens du poil, je m'amuse, dans une violente interrogation, de la distance qui peut exister entre nos paroles et nos gestes, sur un fond de carte de l’Algérie.

du 6 juin au 21 septembre.


jeudi 20 février 2014

Quelques nouvelles sur mon futur immédiat, ou mon présent à venir.

-Le Frac Basse Normandie à Caen et le Musée des Beaux Arts de Calais présentent quatre pièces de mon répertoire du 22/02/2014 au 16/11/2014 dans le cadre de l'exposition "Monument".
- fin 2013, Lauréat de la bourse "Estime" Universciences, pour une installation de vidéo robotique . Réalisation en cours. Projet porté par Digitalarti et Synestésie.


Caen – Fonds régional d’art contemporain Basse-Normandie   02 / 02 / 2014 - 13 / 04 / 2014
Adela Babanova, Pascal Bauer, Benoît Billotte, Boris Chouvellon, Jocelyn Cottencin, Régis Fabre, Carole Fékété, Robert Foster, Jeanne Gillard & Nicolas Rivet, Jacqueline Hoang Nguyen, Rémy Jacquier, Léa Le Bricomte, Simon Le Ruez, Matthieu Martin, Mick Peter

Calais – Musée des beaux-arts de Calais                  08 / 03 / 2014 - 16 / 11 / 2014
Michel Aubry, Pascal Bauer, Benoît Billotte, Boris Chouvellon, Valérie Collart, John Cornu, Jocelyn Cottencin, Isabelle Crespo, Antoine Durand, Mark Edwards, Leo Fabrizio, Régis Fabre, Carole Fékété, Deborah Gardner, Jeanne Gillard, & Nicolas Rivet, Rémy Jacquier, David Jourdan, Micha Laury, Michel Le Belhomme, Léa Le Bricomte, Liane Lang, Virgine Maillard, Matthew Miller, Tom Molloy, Paul Pouvreau, Gilles Saussier, Laurent Sfar, Studio Marlot & Chopart, Patrick Tosani, Sylvie Ungauer, Didier Vivien, Wolf Vostell
Monument fait partie du projet européen Tap (Time and place), sélectionné dans le cadre du programme européen de coopération transfrontalière INTERREG IV A France (Manche) – Angleterre, cofinancé par le Feder.

samedi 14 décembre 2013

IL est!

 Mon livre sort juste d'impression. Il est tellement beau que je vais le porter tout l'hiver. Faites comme moi vous ne le regretterez pas.
Et puis pensez à Noël, à ses traditions et à vos amis dépressifs. Ils n'y résisteront pas.

Fruit de collaborations multiples, il est édité chez Dilecta avec l'aide du CNAP, de la School Gallery et de quelques généreux contributeurs. Il fait ses premiers tours de pages parmi les uns et les autres, mais ne sortira en librairie que dans le début de l'année. Si vous voulez le tenir entre vos mains plus vite, contactez-moi.

mercredi 12 juin 2013

"La foule", présentée par Synesthésie au 104 du 13 au 23 juin dans le cadre de Futur en Seine.

Nu ou habillé, je marcherai des heures durant dans les coursives du 104, invité à cette exhibition par Futur en Seine et Synesthésie.

© PASCAL BAUER. COURTESY SCHOOL GALLERY PARIS
"La foule", présentée au 104 du 13 au 23 juin dans le cadre de Futur en Seine.
Le vernissage aura lieu ce jeudi 13 juin dès 18h30.   

mardi 11 juin 2013

Edition d'un livre publié avec le soutien du Centre national des arts plastiques, ministère de la Culture et de la Communication.

© PASCAL BAUER. COURTESY SCHOOL GALLERY PARIS et LA MAISON D'ETE.

Cet ouvrage de 144 pages, qui regroupe une sélection sur les œuvres de ces cinq dernières années, devrait sortir cet été pour une disponibilité en septembre.

“La force visuelle de l’oeuvre, comparable à celle du slogan, tient de
l’économie et de la densité propre à l’ellipse rhétorique.”
Raphaël Cuir

“Toutefois la nature n’est pas soluble dans la technocratie, et ce qui reste
de ce choc tellurique c’est un état de fragilité qui nous relie à tous les sens
du mot humain. Et cette vulnérabilité, ce roi nu profondément révolté,
est l’un des sujets fondamentaux de l’oeuvre de Pascal Bauer.”
Anne-Marie Morice

“Sans doute y a t il dans notre culture judéo-chrétienne un devoir à se
justifier d’un NON, lorsque le OUI ne demande aucune argumentation.
Notre intégration sociale réclame cette acceptation, exige une
passivité qui va jusqu’à la résignation, voir l’aliénation. Le OUI est la
base du consensus qui permet la cohésion du groupe, mais Il est la
faiblesse qui engraisse les abus de pouvoirs. Le OUI est aveugle, sourd
et muet, il n’a besoins ni de sens ni d’intelligence.
Le OUI est con.”
Pascal Bauer

samedi 20 avril 2013

Quelques Articles de presse sur ma dernière exposition, dont celui de Raphael Cuir pour le Art press d'Avril.


Pascal Bauer s'expose au festival NEMO


Pascal Bauer - Le Cercle (2012)
Plus qu'une exposition, c'est quasiment une rétrospective qui est consacrée à Pascal Bauer dans le cadre du festival Némo, le festival arts numériques d'Arcadi. Présentée par la revue et galerie virtuelle Synesthésie, cette sélection d'œuvres qui interrogent le corps et l'esprit est proposée dans l'enceinte du Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis.
Le Cercle, pièce maîtresse de cette manifestation, est une nouvelle création co-produite par Arcadi. Il s'agit d'un dispositif qui évoque, par certains côtés, les véhicules "reshapés" de Mad Max ; bien que la référence soit à rechercher dans la mythologie grecque. Monté sur un chariot qui tourne sans fin sur un axe, un écran projette à taille réelle l'image d'un taureau. Minotaure cathodique, la bête, prisonnière de cette trajectoire circulaire, tente d'échapper à son destin par une course chaotique, mais vaine… Ses mouvements de fauve en cage commandant le sens de la rotation, les à-coups et les arrêts de cet étrange attelage qui évolue sur une bande-son composée de bruits, d'ambiances et de captations retravaillées…
Deux autres pièces "encadrent" cette exposition avec également un écran comme "point médian". D'une part, La Foule : on y voit un homme, nu, semblant condamner lui aussi à une marche sans fin dans un espace clôt… Ce dispositif rappelle, en version "high-tech", par ses collages d'images, les études sur le mouvement qu'Étienne-Jules Marey opérait à la fin du XIXème siècle avec son "fusil photographique". Corps en mouvement, statique ou supplicié, à ce (grand) jeu, Pascal Bauer ne pouvait faire l'impasse surL'Élu, variation vidéographique sur la crucifixion…

Réalisation "semi-monumentale", Le Cercle marque une étape importante dans cheminement artistique de Pascal Bauer qui s'inscrit de longue date dans son parcours professionnel, en tant que designer, mais qu'il n'a choisi de révéler que tardivement. Cette exposition nous permet donc de juger de l'amplitude de son travail au regard de 4 années de recherches, d'expérimentations, d'audaces, de provocations. Chaque pièce résulte à la fois d'une lente maturation, d'une pulsion intuitive (image, sensation, etc.) et d'une cristallisation lorsque le process, les matériaux et/ou la technique sont réunis. Autre caractéristique de la démarche de Pascal Bauer, le désir constant de se renouveler, de ne pas exploiter un filon pour, au contraire, s'ouvrir à de multiples aventures esthétiques qui ne sacrifient pas tout au technologique.
D'où son intérêt majeur pour le corps. Un corps non pas magnifié, mais brut; même s'il peut être "mis en scène" ou revêtir des parures qui s'apparente plus à du tuning… Cette inclinaison pour la problématique du corps dans le champ artistique, dont chacun sait le caractère presque expiatoire qui a pu s'exprimer dans les performances de l'actionnisme et du body-art, prend chez Pascal Bauer encore un autre dimension : plus "soft" que ces courants vis-à-vis des quels il ne revendique aucune attache particulière, plus "familière" aussi que ces expériences ultimes… En témoigne ses Objets d'Ego dont on a un aperçu au travers de cette exposition.
A nos grands hommes - Pascal Bauer
Une collection d'artefacts "nés de moments d'énervements", à la finalité parfois improbable… Ou plutôt dont la finalité n'est pas à mesurer à l'aune de leur utilitarisme supposé, mais à considérer pour ce que leur aspect "surréaliste" révèle de la société : son spectacle, son narcissisme mercantile, ses non-dits, ses angles morts…Ainsi Á nos grands hommes (aspirateur recouvert de fourrure de loup…), dont le point de départ est le recyclage de l'image du Che par les multinationales du textile, ou Un moment de détente: un tabouret en bois muni d'une "excroissance orgueilleuse" en guise de pied et d'une ceinture pour en éprouver rudesse prolétarienne par delà l'apparence… Citons aussi L'Odeur des corps (résine, soie et cuir). Un parti-pris pas évident, mais intéressant dans la mesure où, à l'heure du numérique triomphant, l'art privilégie l'œil (la 3D), le toucher  interactivité), l'oreille bien sûr, mais rarement l'odorat. Et ce n'est pas une faute de goût…

Laurent DIOUF, pour Digitalarti et Arcadi

Les machines kafkaïennes de Pascal Bauer
Au musée d’art et d’histoire le plasticien est invité par Synesthésie à exposer au musée ses installations vidéo-robotiques, objets et photographies dans le cadre du Festival des arts numériques Nemo. Du 7 décembre au 28 janvier.

Au fond du cloître, côté est, une curieuse machine blanche aux roues volumineuses tourne en suivant un large cercle. Elle présente aux spectateurs un large écran sur lequel se succèdent des images stylisées d’un taureau semblant évoluer selon une logique précise quoique peu évidente, à la fois libre et contraint par les dimensions de l’écran.

« Le taureau est un animal emblématique qui symbolise à la fois la puissance et l’asservissement », explique Pascal Bauer, le concepteur de la machine. Invité par Synesthésie dans le cadre du festival des arts numériques Nemo à exposer au musée d’art et d’histoire, ce plasticien passé par le design travaille beaucoup sur la notion d’aliénation.

« Depuis l’âge de 14 ans, je suis marqué par Kafka. J’ai avec cet auteur majeur une proximité d’esprit. En fait, je pars du constat suivant : notre appartenance à une société nous permet de vivre, mais dans le même temps nous enferme. Ici, la machine est le symbole de cette contrainte sociale. »

Pascal Bauer présente au musée de nombreuses autres pièces qui offrent, selon lui, un panorama fidèle de son travail de ces quatre ou cinq dernières années. Comme cet homme qui évolue (toujours au sein d’un écran) sur une ligne droite. Il va et vient, se déplace mais ne peut dépasser les limites imposées, l’espace fermé (La Foule).

« Ce que je trouve intéressant dans ce que fait Pascal Bauer, c’est qu’il met en lien la vulnérabilité de l’humain et la machine qui le modifie. Et son travail est très spectaculaire, il peut s’apprécier selon différents niveaux de lecture », dit Anne-Marie Morice, la directrice de Synesthésie.

Outre le cloître, Pascal Bauer investit d’autres lieux du musée. Dans la chapelle, il présente L’Élu, une autre vidéo sur laquelle un crucifié sans bras se débat dans un équilibre précaire. Là encore, c’est la fragilité et le danger qui émanent. La salle du chapitre accueille plusieurs installations, ses Objets d’ego(s), souvent nés d’instants vécus ou perçus.

Pousser la contradiction

« Par exemple, pour À nos grands hommes, je suis parti du T-shirt orné du visage du Che. Ce que le mercantilisme a fait de cet homme m’énerve profondément ! », s’écrie-t-il. Un vieil aspirateur recouvert de fourrure est prolongé par son tube, qui devient ici fusil, fièrement brandi par une sorte de Buffalo Bill du pauvre vêtu du fameux T-shirt. Le ridicule tue-t-il ? « J’ai voulu pousser la contradiction jusqu’au bout de sa logique. »

Chez Pascal Bauer, l’humour n’est jamais loin. « Il permet de parler de manière légère de choses denses et profondes. » L’humour et l’étrangeté. Avec Ne jamais laisser vos enfants seuls ou Icône, il joue avec l’image et la matière, détourne les unes, tord les autres, fouille les antagonismes violence/douceur, immobilité/mouvement.

« Je travaille beaucoup sur la notion de contradiction et sur la récupération bourgeoise des choses qui les vide de leur sens premier », lance-t-il. Présenter ses œuvres au musée d’art et d’histoire était un défi. Synesthésie l’a relevé. « Faire se rencontrer ce lieu magnifique, ô combien patrimonial, avec quelque chose de très contemporain, voire futuriste, nous a semblé, au musée et à nous, particulièrement intéressant », répond Anne-Marie Morice. Mais plus qu’à un choc des cultures, Pascal Bauer nous entraîne vers une vision révoltée d’un monde aseptisé, dénaturé. Une vision finalement intemporelle.

Benoît Lagarrigue pour JSD



Photos, vidéos, objets : l'expo étonnante de Pascal Bauer



« Le cercle, la foule, l'élu et les objets d'ego(s). » C'est l'intitulé étrange de l'exposition qui présente quatre années de travail de Pascal Bauer, au musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis. A travers des installations vidéo-robotiques, des objets, des photographies, des sons, l'artiste s'empare de sujets graves. Il explore les facettes de l'aliénation et de la part de la douce folie égocentrique qu'il nous faut assumer pour vivre.
Ses portraits et autoportraits expriment la dépossession, la perte d'autonomie. Le corps est exposé dans sa fragilité, encastré dans une mécanique complexe à laquelle il se plie. Les œuvres sont ludiques au premier abord, puis plus profondes. Les images, fixes ou en mouvement, frappent l'esprit des spectateurs. Parmi la quinzaine de pièces présentées, le Cercle (notre photo) est un dispositif impressionnant qui met l'écran en mouvement sur lequel un taureau semble réagir de façon imprévisible à la présence du public.
Jusqu'au 28 janvier au musée d'Art et d'Histoire, 20 bis, rue Gabriel-Péri. Samedi et dimanche de 14 heures à 18h30, lundi, mercredi, vendredi de 10 heures à 17h30, jeudi de 10 heures à 20 heures. Tarif unique : 1 €. Gratuit ce dimanche comme le premier dimanche de chaque mois.
Le Parisien